J'erre d'étoiles en étoiles. Je flâne de nuages en nuages.
Je redescends parfois pour quelques brefs instants, pour un court voyage. Je surprends la nature de mes feutrés, je m'y confonds. Je l'apprends, la respire, l'interprète, l'a comprend. J'y extripe l'inspiration, et je gratte mon carnet toujours en divaguant. Elle est un peu comme moi, la nature. Ils sont un peu comme moi, ces champs qui s'étendent au loin dans un horizon qu'on ne distingue plus. Elle et moi, nous nous ressemblons. Par la simple effigie d'un lunatisme inquiétant. Je change d'humeurs et d'envies comme les saisons, passant d'un chaud brulant à un froid glacial. Seules mes opinions restent présentes, ancrées en moi comme un tronc accroché à la terre. Il y a aussi ces vagues qui voyagent, tanguent et puis s'échouent contre un rocher parfois même avant d'avoir atteint leur destination.
Je me prends des murs, me brûle les ailes. J'avance toujours, à tatons. Je me casse la gueule, me relève et continue. Mais quelques obstacles peuvent parfois me faire renoncer, et je tombe à terre comme s'écraserait une feuille morte, détachée de ses repères, emportée par un souffle marin. Je pourrais aussi me comparer à la musique. Je suis aussi diverse qu'elle, puisqu'elle parle de différente façons, elle parle, écrit, communique par différents styles relatant à chaque fois un nouveau sentiment, de nouveaux gouts. Ces quelques notes, cette mélodie suave et délicate, qui ruisselle sous des doigts de pianiste, d'artiste comme la pluie de Novembre au dehors, étalant sur mon coeur un sentiment brulant et dévorant, comme la neige nappe de son manteau blanc des ruelles sombres où pestent l'oubli, la morosité.
Et je me laisse emportée, telle cette feuille qui s'abandonne à l'air frais. Mes trajectoires ne sont qu'aléatoires, puisque tout diffère par certaines gammes de piano, par certains rythmes, tempos mélodieux, ou pas.
La nature, la musique, la vie, et...moi.
Et traversant de villes en villes, croisant souvenirs sur souvenirs, me bercant de rêves en rêves, je me construis et entretiendrai savamment un sentier de sûireté, au centre d'un cercle jalonné de larmes déjà versées. Rêveuse, songeuse je suis. Eternelle utopiste je crèverai, liquidant de mes mains un monde si imparfait.