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à mort la rationalité vive l'irréalisme

Je restais évasive, comme la goutte de rosée sur le brin d'herbe fraîchement foulé par mes pieds nus. Je demeurais une chimère, à mi-chemin entre le songe illusoire et le mirage d'une pensée. Je cherchais mon passeport sous les branches des framboisiers et sur les troncs bruns des chênes ; ne trouvant pas même une date de naissance derrière les larges feuillets des peupliers. La magie contenue dans ces hauts piliers naturels s'estompait, imprégnant leur écorce sauvage de blondeur. J'aurai voulu ruser et me cacher des fruits exquis et des fleurs au parfum mensonger mais j'ai échoué.
Mes prétextes m'ont rattrapé et devancé pour certains, malmenant avec violence mes idéaux qui se cornaient sur mes phalanges. Je m'évadais par la forêt, rêvant de falaises escarpées et de flots déchaînés. J'étais insensée de croire à mes utopies de jeunesse. J'ai voulu être un satellite hors pair, j'ai espéré longtemps pouvoir tout attendre d'elle sans avoir peur de n'être qu'une infime particule dans le ciel de son existence.
Aujourd'hui, je comprends que je n'étais qu'une minuscule poussière, un grain de sable doré par sa présence. Elle était le Soleil et j'étais un de ses multiples rayons transcendants. Je n'étais même plus certaine de m'appeler tiens j'ai oublier mon nom de bapteme et d'être une rêveuse-née. J'étais une goutte de pluie, je tombais sur un toit de briques métallisées et je roulais, lavant les trottoirs impurs, m'écoulant dans les égouts volontairement. J'étais transparente, c'était indéniable. Je dévalais des boulevards, franchissais des avenues, me perdais dans des ruelles obscures et pourtant, personne ne daignait lever les yeux. Je n'étais même pas un foetus ou un bout de quelque chose.
Scepticisme.

J'étais vide ; vide de Compassion et remplie d'une rage éternelle
à mort la rationalité vive l'irréalisme

# Posté le vendredi 27 février 2009 16:16

Modifié le lundi 16 mars 2009 17:16

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