Va pour le désespoir. Le chagrin on arrive toujours à l'écrire.
Mais l'espérance. Convaincre. Ecrire. M'écrouler sur le clavier. Dormir sur les touches, et que le souffle de mon corps finisse la phrase. Je voudrais avoir du talent. Un peu. Un tout petit peu. J'aime tellement ça.
Ces putains de mots. Tourner et retourner autour du mot, à se fracasser le coeur, à écrire le souvenir, à chercher le coup dur, adrénaline.
Le sang du coeur qui saigne, à se faire mal pour trouver la lumière.
Vive l'écriture. A la folie. N'avoir aucun génie.
Juste la vie vécue. La transcendance et l'espérance. L'inspiration. Tuer l'inspiration au profit des belles lettres. Les spadassins traînent dans les couloirs de la culture. Les groupes de pensée deviennent uniformes. Vivre l'idée de l'écriture. Ecrire par tous les temps.
Au bout des champs. Derrière l'horizon. Les phrases odeurs. Les phrases souvenirs. Il y aura celles écrites. Il y aura celles sans traces. Juste pensées. Juste vécues. Tout ne sera pas écrit. Trop d'intime à deviner entre les lignes.
Vivre de sa mémoire est épuisant. Terrible. Le bonheur s'oppose au malheur, dans le fracas et la tourmente. L'écriture devient dangereuse. Elle dénonce l'imposture.
Refuse le mensonge. Sauve les anges déchus. Les paumés de leur vie. Les tendres qui regardent tout dans les rues.
Ecrire.
Jamais être à la hauteur. repasser par la case mémoire. Ne pas vouloir chercher le mot. Vouloir qu'il tombe comme cela.
Comme un miracle.
Croire que l'écriture est un miracle. Il y a le mot pensé. Il y a le mot animal. Il y a le mot qui veut rester étonné. J'écris quand il ne reste plus que la mémoire et les mots.
Je ne veux pas de mot amer. Je veux de la mélancolie. Vive la transcendance, vive la transe. Et puis moi. Toujours la tête dans les poèmes oubliés. L'écriture ne guérit pas. Juste des béquilles.
Jusqu'au mot de la fin. Jusqu'au dernier mot. Jusqu'au dernier souffle. J'ai été élevé au romanesque. Rien à foutre, c'était au péril de ma vie physique et mentale.
Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard.
